SÉQUENCE V

La Posture du ‘Moi prenant conscience’

Claire :

- Chère Adelheid, tu nous avais dit... qu’il y a aussi une ‘Posture du Moi prenant conscience.’ Est-ce-que tu pourrais développer un petit peu?

Adelheid :

- Oui, volontiers Claire.

La ‘Posture du Moi prenant conscience,’ c'est quelque chose que j’ai spécifiquement développé. C’est d'ailleurs l’une des premières choses que j'ai développées. Avec l'idée que c'est plus facile d'entrer dans une posture... que de changer d'humeur, de sortir d’une émotion, d’un conflit, d’une situation. On peut remarquer que les postures suivent nos états d'âme.

Quand on est fatigué, quand on est triste, quand on est content... on fait les gestes, on change sa posture ! On dit : ‘Je perds pied, je perds le nord, je me sens déboussolé, etc.’ Et on voit que ce sont des postures, en fait ; des postures énergétiques, mais aussi physiques.

Donc, cette Posture, je vais essayer de vous démontrer en quoi elle consiste.

LA ‘POSTURE DU ‘MOI PRENANT CONSCIENCE’

Rétablir son équilibre intérieur & celui du monde environnant

dans notre propre Posture, corps-cœur-esprit !

Pour rétablir son équilibre psychique ...on va s'asseoir (on peut le faire debout aussi, mais ici, c'est assis) : les deux pieds par terre. On ne croise ni les jambes ni les bras ; on ne ferme pas sa posture.

1) La Verticale... Se relier depuis le centre de soi

On se tient bien droit, dans la verticale...

Parce qu'on se relie... on est au centre. On pourrait dire que cette posture, elle est au centre du monde ! On est au centre de ‘qui on est.’ Elle est au centre du cosmos. Et on se relie à la verticale. On commence à ce moment-là, par ce ‘lien à la verticale.’

> La respiration nous pilote

Et puis, on se relie par la respiration.

Les pilotes de la posture, ce sont: le regard, la respiration et la posture elle-même. Alors, pour se verticaliser, on verticalise la posture. On inspire, on expire. On inspire... jusqu’à un petit peu au-dessus de la tête et on expire... ‘jusque profondément dans le sol.

On a parlé des subpersonnalités qui s'identifient à l’horizontale... Quand on est en colère, en vérité - ou amoureux - on respire horizontalement. Ça va comme ça.... (mouvements, respirations rapides d’allers-retours avant-arrière). Si on veut se stabiliser... on verticalise sa respiration. (mouvements, respirations conscientes entre terre et ciel)

2) L’Enracinement. La Gravité.

La deuxième chose, c'est de prendre racine ; prendre conscience de sa gravité.

On sent son assise, on tombe dans son assise (mouvement de descendre dans le siège, vers le sol). Et on sent les racines qui descendent dans la terre, à partir de notre coccyx et à partir de nos pieds. De façon à s'ancrer, vraiment très très solidement ! Et on visualise cela avec beaucoup de précision, selon le contexte où l’on se trouve.

3) L’Orientation dans l’espace

La troisième phase, c'est l'orientation dans l'espace. On prend conscience... d’une construction cosmique.
- Elle est faite des quatre points cardinaux: le nord, le sud, l’est et l'ouest.
- Et puis, d'une verticale, qui s'étend du zénith - au dessus de nos têtes - au nadir (un nom, arabe sauf erreur) qui désigne un point fictif au centre de la terre. On a donc six directions, actuellement.

Puis, il y a une septième direction, qui en fait n’est qu’un point, et qui se situe généralement dans le Cœur - ou cela peut être dans le ventre - mais quelque part dans le centre du thorax, dans le centre du corps. Et comme ça, on prend une posture...

On rétablit l'ordre du monde dans sa propre posture !

On ajoute (envisage, inclut) ces éléments, un par un... puis on les globalise, chaque fois. Une fois qu'on a exercé tous ces éléments, on peut les globaliser et les mettre en place en quelques fractions de seconde. Là, on prend le temps de les détailler.

4) Le Volume. Passer d’une ‘conscience de soi duelle, en 2D, mentale et émotionnelle’

à une conscience de soi globale, corps-cœur-esprit, en 3D
La dimension matricielle de notre ‘Moi prenant conscience.’

Les trois matrices de notre Volume d’Être !

Une fois donc qu’on a la verticale, l’enracinement, l’orientation... on pense au volume.

Le volume est un point très important, parce que (on l’a déjà un peu décrit) les énergies des subpersonnalités se meuvent à l'horizontale (en 2 D), entre avant et arrière, principalement.

(Elles circulent en deux dimensions, dans des directions opposées ou complémentaires.)

Le ‘Moi prenant conscience’ est un Volume d’Être ! C’est une posture en trois dimensions. Et se sentir en trois dimensions, c'est quelque chose d'inhabituel pour nous, parce qu'on ne se ‘sent pas’ en général... Et donc, là, on le pose avec une ‘intention’ qui va le faire exister ! (dans notre perception et dans ses effets en nous et sur notre environnement)

- Le premier volume, c'est ‘corps strict.’ Donc on sent les contours de son corps... Et, par la respiration, on habite ce ‘premier volume’ en faisant cette fois une respiration rayonnante. Comme si le corps était un immense poumon, globalement, ce qu'il est d'ailleurs ! L’oxygène va dans toutes les cellules. Ainsi, on l'occupe par la respiration, mais sans le gonfler.

- Après cela... on a des corps plus transpersonnels. Il y a d'abord un corps énergétique que chacun sent. Lorsque quelqu'un vient trop près pour nous parler, on se sent gêné, on sent que l'autre est dans notre champ d'énergie. Donc, on établit un deuxième volume (agrandi, je dirais... parce que l’on part toujours du centre) ...quelque part près du corps, à 20 centimètres, par exemple. Et on va avoir maintenant une forme plutôt ovoide... qui va suivre les contours du corps. Pour l'occuper, on détermine cette frontière précisément. Et on l’occupe de nouveau en respirant jusqu'à cette nouvelle frontière. Et on l’occupe entièrement; on occupe un volume agrandi.

Nous avons donc une première matrice ‘corporelle...’ une deuxième matrice, celle du corps énergétique.

- Et puis - parce qu'on est quand même démuni dans ce monde ! - on va établir - je propose qu'on établisse - une troisième dimension à notre volume. Elle sera celle d’un volume trans-personnel, relié à Ce qui nous dépasse. Relié à ce qui—à la fois nous dépasse et nous habite ! Quelque chose de l'ordre du divin, du cosmique... ou une figure divine à laquelle on croit. Cela peut être un ange, une figure sainte de notre propre tradition.
On détermine ainsi un champ de présence transpersonnel. Lui aussi, sera délimité, de manière à ne pas s'étendre au-delà d'une présence sur terre. On reste, les pieds au sol ! Ce volume agrandi, ce volume transpersonnel, va peut-être aller jusque là, par exemple
(geste figurant l’amplitude). Et, là aussi, on va déterminer une frontière, peut-être à un mètre.

5) Les 3 peaux, les 3 frontières de notre Volume Être

On aura donc trois peaux successives :

Une peau corporelle
Une peau énergétique
Et une peau transpersonnelle

Et ces peaux - métaphoriques si on peut dire - on peut leur donner les qualités qu'on veut. On peut poser... qu'elles laissent entrer ce qui vous fera du bien, sortir ce dont on n’a pas besoin, et qu'elles sont en même temps protectrices... tout en étant transparentes, ouvertes.

6) La Paix

À partir du moment où l’on est assis dans cette dimension - cette triple dimension, je dirais, de l'énergie et de soi ! - on arrive dans la Paix. Et ça, c'est vraiment la Posture du Moi prenant conscience !

La ‘Posture du Moi prenant conscience.’ Un Esprit lumineux et vide.

 Un Cœur ouvert et bienveillant. Un Corps présent et enraciné.

À partir de là, on peut très facilement stabiliser des états émotionnels. Se redresser, se redéployer. Il faut comprendre que notre réflexe, quand quelque chose ne va pas, c’est de se contracter ! Et ce réflexe, c’est important de le changer. Quand il y a un conflit autour de nous ou en nous, il s’agit, au contraire, de se déployer !

Pour acquérir ce réflexe, ce sera vraiment utile d’exercer cette Posture du Moi prenant conscience jusqu’à ce que le corps l’ait mémorisée. Jusqu’à ce qu'on puisse la mettre en place en un clin d'œil; jusqu'à ce qu'on se promène dans la rue, ainsi.

Véronique :

- Est-ce qu'il y a d'autres caractéristiques du Moi prenant conscience qui font qu'on puisse sentir que... on est à cet endroit-là ? Il y a l’enracinement...

Adelheid :

- Les autres caractéristiques... oui, il y a l'enracinement, il y a surtout la dimension plus grande dans laquelle on se sent ! Et l'espace dont on profite... C'est un espace dégagé, c'est un espace de liberté !

Il y a aussi que - dans cette place - on est conscient du monde de soi, en même temps que du monde environnant. Et, au fond, la définition de la relation, c’est que ‘je suis présente à moi-même & présente à toi’ (simultanément et entièrement); et que quelque chose peut alors circuler entre nous. C’est comme un pont : toi dans ton pilier, moi dans mon pilier, et le manteau du pont qui nous relie. Mais, je ne saute pas sur ta rive ! Et tu ne sautes pas sur la mienne ! C’est ce qui se passe dans la fusion... et à ce moment-là, il n’y a plus de pont. Et ça, (cette nouvelle conscience de soi), nous permet une double présence et un réel partage.

Et, cela n'empêche pas qu'on peut trouver plaisir, dans une histoire d'amour, à fusionner au milieu du pont. Mais après, chacun revient dans son pilier, parce qu'on va se séparer... chacun ira de son côté. Et là, on ne veut pas partir en portant l’autre—chacun portant l'autre sur son dos !

François :

- Ce que j’aime dans ce que tu nous dis, c’est que c’est complet : tête, cœur et corps !

Adelheid :

- Tête, cœur et corps, tout à fait !
Et on pourrait résumer les trois qualités essentielles de ce Volume d’Être, par :

UN ESPRIT LUMINEUX ET VIDE
UN CŒUR OUVERT, BIENVEILLANT

UN CORPS PRÉSENT ET ENRACINÉ

(Pour plus de détails sur cette pratique de la ‘Posture du ‘Moi prenant conscience’ matriciel, voir : L’exercice 6 du Tome II de ‘L’Arche du Cœur,’ Adelheid Oesch.

Tome I. Voyage initiatique. Tome II. Manuel d’Exercices. Ed. Le Souffle d'Or.)

star_stripe
​L'ATELIER DU DIALOGUE INTÉRIEUR © Adelheid Oesch 2021