Le 'Dialogue Intérieur.' Un voyage vers le Soi.

Illustration © André Hiernaux  

En progressant au fil de 14 jours de réflexion méditative

Construire pas à pas une relation aimante à soi

Vers la compréhension de nous-mêmes et de notre Nature essentielle

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LUNDI

   Le ‘Dialogue Intérieur’ est une démarche de connaissance de soi

Une exploration des énergies qui nous animent, nous habitent. Ces énergies sont à la source de nos pensées, de nos émotions, de nos sensations corporelles. Elles sont, en quelque sorte, la dynamique de nos comportements et de nos réactions.

Trois concepts-clé : se comprendre, s'accepter, s'aimer

    J’aimerais souligner d'entrée que, pour moi, ce travail psychologique, ainsi que les prises de conscience et l'évolution qui en naissent, n'ont pas pour but premier de changer la personne, comme l'on retaillerait à coups de ciseaux un costume qui ne serait plus à notre goût. L'être humain, notre corps, ne sont pas une pâte à modeler, un objet, mais quelqu'un à respecter. Nous sommes sensibles, vivants, et les coups de ciseaux font mal ! Il s'agit, au contraire, d'une investigation, d'un accueil, où l'on fait l'expérience de soi-même, tel que l'on se sent dans un moment donné. La compréhension qui s'en dégage sera la condition première d'un épanouissement de l'amour de soi; d'un ‘lien conscient’ à soi. Et ce qui nous transforme - spontanément - c'est cette relation, cet amour, et non pas nos efforts pour être différents !

    Se comprendre, c'est s'aimer. S'aimer ouvre la porte à aimer l'autre… dans la mesure où l'on reconnaît en lui notre propre humanité, notre égal. Le ‘Dialogue Intérieur’ est un processus qui facilite cette prise de conscience. Il n'est pas uniquement destiné à qui se sent en difficulté, mais à toute personne aspirant à mieux se connaître.

    Je vais essayer d'éclairer sous divers angles, cette manière de se découvrir.

La pratique du  ‘Dialogue Intérieur’ prend en compte l’ensemble de la personne - corps, coeur,  esprit - dans sa dimension à la fois humaine et  cosmique. Il contribue à nous révéler l'ampleur de notre potentiel, nous remet en contact avec le sens de notre vie, avec notre être dans sa hauteur et sa profondeur. Il nous rend à nous-même.

Ce faisant, il nous permet aussi de développe une relation à notre prochain qui s'enrichit et se renouvelle, chacun y devenant un microcosme, contenant tout ce que l'univers contient.

    Il s’agit d’une recherche globale, où l'on apprécie conjointement les sensations corporelles, les vécus émotionnels, ainsi que les images et pensées véhiculés par le mental. En apprenant ainsi à ressentir consciemment l'énergie qui nous anime, nous explorerons ce qui nous habite, nos relations à autrui et également nos dimensions transpersonnelles, si nous le désirons.

Les origines

    Le ‘Dialogue Intérieur’ a été créé par un couple de psychologues américains, Hal Stone, (PhD en psychologie clinique UCLA, puis études à I'Institut Jung Los Angeles) et Sidra Stone (PhD en psychologie, Université de Maryland). Après plus de vingt ans de pratique professionnelle, ils ont développé - particulièrement depuis 1979 - la ‘théorie de la psychologie des subpersonnalités (Psychology of selves, des schémas d'ancrage (bonding patterns)’ et le processus du 'moi prenant conscience' (aware ego process) et leur application pratique : une méthode de travail, simple et concrète, à la portée de tous, appelée ‘Dialogue Intérieur’, (Voice Dialogue). Ils l’ont fait d'abord ensemble, à l'écoute de leur processus personnel, de leur processus de couple, et parallèlement dans leur pratique privée et de très nombreux séminaires. Ils ont publié plusieurs excellents livres. (Voir Bibliographie).

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MARDI

Quelques définitions: les subpersonnalités, les complexes, les énergies.

     Le ‘Dialogue Intérieur’, dans la forme spécifique que Hal et Sidra Stone lui ont donnée, est une technique d'exploration psychique, qui se rattache à la psychologie des subpersonnalités.  Par subpersonnalités, l'on entend différents schémas d'énergie, qui ont chacun une dynamique propre. L'ensemble de leurs interactions constitue notre personnalité, ce dont nous disons : ‘Mais, cela c'est moi !’

     Une subpersonnalité peut être l'expression, par exemple, d'un schéma d’adaptation, d'une réaction émotionnelle, d’un mode de pensée, d'un mécanisme de défense, d'un complexe. Un complexe se définit comme un ensemble de sentiments et de comportements associés, généré par un vécu antérieur auquel on est resté fixé. Au cours de la vie, lorsqu'il y a analogie de circonstances, il y a réactivation des énergies liées à l'expérience passée, et répétition des comportements associés. Il en découle que nous agissons et réagissons le plus souvent sans avoir conscience de ce qui nous motive.

     Reconnaître, en ce qui nous trouble, nous émeut, une ‘subpersonnalité’ - plutôt qu'un complexe ! - c'est incarner nos dynamiques psychologiques. C'est découvrir et respecter en elles une dimension identitaire, résolument humaine ! C'est aborder de façon claire et surtout concrète, une relation à ‘qui’ nous habite. Nos manières de penser, nos mécanismes, nos défenses, nos émotions, nos comportements, y seront alors rencontrés, accueillis - dans chacune de leurs expressions - comme des ‘personnes à part entière’, constituant une sorte de ‘grande famille’ ! Et c'est précisément cela, qui crée une toute autre qualité de communication avec soi-même et avec le thérapeute. C'est aussi la base de l'amour, du respect, de l’empathie, qui caractérisent cette approche et sa proposition d'une véritable ‘présence à soi’. Une présence que nous apprendrons à affirmer par le geste et la parole, devenant ainsi notre propre prochain ; notre propre miroir et témoin.

 

   La pratique du ‘Dialogue Intérieur’ est étroitement liée à nos mouvements d'énergie. L'expression verbale et l'évocation des événements passés, ne sont là que pour mieux comprendre et soutenir les énergies qui les sous-tendent dans le présent. Le Petit Larousse nous dit : ‘énergie, du grec ‘energeia’, force en action’. Par énergie, j'entends, en effet, tout ce qui nous meut ou nous émeut, nous freine, nous limite, nous propulse ou nous bloque, d'une manière ou d'une autre, et que nous percevons comme ‘expression de vie’, ou comme ‘retrait de la vie’, dans notre personnalité.

 

MERCREDI

L'éventail de nos subpersonnalités
un ‘Conseil tribal’
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   En américain, le ‘Dialogue Intérieur’ se dit ‘Voice Dialogue’, ‘Dialogue de Voix’. Ces Voix, porte-paroles de nos énergies, se divisent en plusieurs groupes. Il y a d'abord le groupe des ‘Voix puissantes’, qui forment ce que les ‘Jungiens’ appellent la ‘persona’, c'est-à-dire la manière dont nous nous montrons à autrui, dont nous fonctionnons et nous adaptons au sein de la famille et de la société. Ce sont là, les subpersonnalités qui nous protègent, qui expriment nos atouts, notre savoir-faire, nos stratégies, notre façon de maîtriser les circonstances, de faire valoir nos capacités et d’éviter au maximum les souffrances.

    Nous rencontrerons ainsi notre ‘Régisseur’, organe de contrôle, qui veille à tout. Il est encadré par notre ‘Législateur,’ lequel édicte les règles du ‘bien faire’ auxquelles nous nous plions.  par ‘l'Activiste’ qui nous pousse à en faire toujours davantage et par le ‘Perfectionniste’ qui exige le ‘toujours mieux’ ! L'ensemble est supervisé par notre ‘Critique intérieur’, qui met le doigt sur nos moindres manquements ! Nous ferons aussi l'expérience de notre ‘Guerrier,’ de notre ‘Voix professionnelle.’ Nous prendrons la mesure de la ‘Voix conciliante’ qui nous incite à plaire pour nous assurer l’amour et l'accord d'autrui, qui trop souvent se tait, pour ne pas accentuer le conflit ! Ou, au contraire, nous inviterons la Voix qui en nous crie sa colère, sa révolte... 

    Ces ‘Voix puissantes’ sont des voix parentales, éducatrices, qui ont leur source et leur modèle - ou leur ‘anti-modèle’ - dans notre histoire culturelle et familiale. Elles nous structurent, nous enseignent, nous limitent ou nous poussent ! Elles nous jugent ! … dans le but de nous rendre performants et de nous mettre à l'abri.

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   En retrait de cet ensemble de ‘Voix puissantes et familières,’ il y a nos ‘Voix vulnérables’ qui sont pour la plupart des voix d'enfant : l 'enfant blessé, l'enfant abandonné, l'enfant abusé, l'enfant coupable; l'enfant rebelle, souvent prisonniers et muets.

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   Mais aussi l'enfant magique, l'enfant joueur, l’enfant aimant, l'enfant créatif : tout un monde de spontanéité, 

de sensibilité,  d’innocence, de fraîcheur. 

    Et puis, à l'arrière-plan, cachées, il y a nos ‘Voix reniées, nos Voix d'ombre.’

Voix refoulées, ou non-actualisées, inconnues, subconscientes, souvent brimées pour des raisons d'éthique, d’éducation, de religion... Ce sont indirectement celles qui nous séduisent lorsque nous tombons amoureux de ‘notre contraire’ !

Mais là… se cachent aussi celles qui nous rebutent, nous irritent lorsqu'elles sont pour nous cause de condamnation ou lorsqu'elles ressemblent, comme des soeurs et des frères, à ceux que nous jugeons dans le monde extérieur… 

à ceux que nous n'aimons pas: agressifs, stupides, ignorants, faibles, primitifs, malades, étrangers. Ceux qui sont les victimes de nos purifications ethniques, de nos guerres et de nos exclusions. Niées en nous, détestées en nous, nous les projetons sur autrui ! Nous condamnons et détruisons au dehors, ce et ceux que nous n'avons pu comprendre et intégrer au dedans. 

    Il y a encore les ‘Voix archétypales,’ porteuses d’empreintes communes à l’humanité. Énergies personnifiées par les dieux de nos mythologies, les héros de nos légendes, les personnages de nos contes ; elles aussi font aussi partie intégrante de notre univers intérieur ! Enfin, il y a les ‘Voix transpersonnelles’, qui expriment en nous le divin : ‘Voix de l’âme’, ‘Voix de sagesse’. L'éventail des subpersonnalités est immense. Nous pouvons aussi dialoguer avec les ‘Voix de nos rêves, de nos douleurs corporelles, de nos maladies. Avec la Voix de la vieillesse ou de la mort, ou avec celle de nos inspirations et de nos intuitions’. Ce Concert de Voix est l'expression de nos subpersonnalités qui, ensemble, constituent une sorte de grande famille, de ‘tribu intérieure.’

 

    Essayons de prendre une image qui illustre comment s'articulent nos ‘subpersonnalités’. La mise en œuvre du ‘Dialogue Intérieur’ pourrait être comparée à un Conseil tribal dont les membres se rassemblent pour partager, tour à tour, leur vécu et leur point de vue. Certains nous sont très familiers. D'autres sont plus discrets, cousins éloignés, méconnus ou rejetés, ‘parents pauvres’ qui cependant font partie de la tribu, et que nous envisagerons d'intégrer en leur donnant Voix dans le Conseil. 

JEUDI

L'adaptation, une mutilation

de nous-mêmes. 

Le Critique intérieur,

le Perfectionniste.

    Nous vivons dans une inconscience relative, parfois importante, liée à une profonde méconnaissance de nous-mêmes et au rejet de tout ce qui a - en un moment donné, et surtout dans l’enfance ! - menacé notre survie et régulé notre adaptation. Pour être aimés, acceptés, pour être reconnus, pour conquérir une identité, incarner un idéal et nous faire une place... nous avons dû sélectionner, d'une manière souvent draconienne, les énergies et comportements que nous pouvions nous permettre. Nous avons dû montrer la face utile et acceptable de nous-mêmes, former une ‘équipe de représentants officiels’ sanctionnée par un ‘Critique intérieur’ et un ‘Perfectionniste’ qui, impitoyablement, dénoncent tout ce qui n'est pas compatible avec l'orientation admise ou souhaitée.

   Ces voix normatives et adaptatrices sont incontournables, nécessaires, mais elles deviennent privatives ou destructrices, lorsqu'elles fixent la barre trop haut ! Elles nous mettront alors en échec, nous feront perdre tout bonheur de vivre, toute estime de nous-mêmes. La pression qu'elles exercent, leur contrôle, une dévalorisation de soi devenue parfois systématique pourront alors se traduire par des dépressions, des maladies, des comportements autodestructeurs. Ces conflits internes nous dissocient, nous séparent de nous-mêmes et d'autrui,  nous rendent asociaux ou co-dépendants.

     Sans aller si loin, et même si nous restons relativement équilibrés, conscients de nos atouts, ces contraintes et ces doutes, la compulsion d'être meilleurs, la crainte d'échouer à y parvenir, la culpabilité endémique qui nous habite, empoisonnent notre vie quotidienne. Prenons un exemple, féminin en l’occurrence : avec le printemps, les premiers beaux jours, notre ‘Critique intérieur’ fait une crise: ‘Est-ce que tu t'es vue, ce pli ici, ce bourrelet là et cette pâleur qu'on dirait maladive !’ Tout est détaillé, de l’unique cheveu blanc au moindre défaut de la peau, en passant par l’ensemble de la garde robe. Vite l'aérobic, le régime, le solarium ! Et cela se déroule de la même manière, que l'on soit une actrice connue pour sa beauté ou une simple mortelle. Cela peut prendre des proportions qui nous réduisent au désespoir et nous convaincront que nous ne sommes ni assez jeunes, ni assez féminines, ni assez aimables, indignes même d'être regardées, d’être désirées, d’être aimées. Nous perdons confiance en nous. 

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    Pour satisfaire à des impératifs familiaux, culturels, sociaux, religieux, idéologiques nous en devenons les esclaves. Nous nous faisons violence, nous favorisons certaines lignes de conduite au détriment de toute une potentialité et d’une  ‘richesses d’être’ qui - en nous - vivent malheureuses et cachées. Nous finissons par devenir ‘quelqu'un d'autre’ !

    En réprimant notre Vulnérabilité, en désavouant notre Ombre, nous nous privons d'une grande partie de notre originalité, de notre créativité ! Nous en faisons, au contraire, des ‘ennemies dans la place’. Ainsi, dans le contexte d’une épreuve, ces ‘subpersonnalités’ reniées, inconnues, réduites à la portion congrue, font parfois irruption, explosent et font éclater ce que nous avons construit avec peine, remettent en question notre vie familiale, nos convictions et nos acquis. Ces énergies bloquées, méconnues sont source de douleurs du corps et de l'âme, de crises existentielles. Leurs irruptions nous déstabilisent lorsque nous sommes restés inconscients de leurs forces captives ou lorsque nous les avons délibérément écartées.

 

VENDREDI

L'enfant vulnérable, coeur fragile de notre forteresse

    Pour Hal et Sidra Stone, le ‘Dialogue Intérieur’ a commencé de façon très pragmatique et très personnelle. Après leur rencontre, tous deux s'engagèrent dans une interrogation intense et très personnelle du processus relationnel. Cette démarche confirma pour eux ce qui les avait déjà frappés dans leur pratique professionnelle : à savoir le rôle primordial que joue notre vulnérabilité dans tous nos problèmes relationnels, réactions et conflits. 

    Un jour, alors qu'ils en discutaient, Hal eut l'idée de proposer à Sidra de prendre une place et de prêter voix à sa ‘partie vulnérable’. Il raconte comment, étonné, il se retrouva en face d'un très petit enfant, dans toute sa réalité émotionnelle et physique, replié sur lui-même, pré-verbal, incapable de communiquer en mots sa souffrance. Les concepts de ‘subpersonnalité’, de ‘complexe’, leur étaient évidemment familiers. Par contre, que ceux-ci puissent se manifester comme une ‘vraie personne’, par exemple comme un ‘enfant vivant’ dans la psyché, avec toutes les caractéristiques énergétiques de son jeune âge... les surprit complètement !

     Cette découverte fut le point de départ du ‘Dialogue Intérieur’: chaque ‘subpersonnalité’ y a tous les attributs d’une personne ! Elle est une personne ! Et doit être comprise et rencontrée comme telle, car c'est cela même qui rendra possible sa transformation via un lien relationnel aimant et conscient. Elle a une énergie spécifique, que l’on peut reconnaître lorsqu'elle nous emplit, nous habite. Interrogée sur ce qu'elle sent, elle se définit par un âge, un sexe, des sensations corporelles, des sentiments, qui lui sont propres. Elle a ses idées, ses espoirs, ses craintes, ses buts, ses souffrances, et un rôle bien précis dans notre vie. Elle peut évoluer ! Et cela, précisément, à partir du moment où s'établira - entre cette ‘personne intérieure’ et un ‘moi qui vient de prendre conscience d'elle’ ! - une relation.

    ‘L'Enfant intérieur’ est à la fois source et centre de notre ‘famille psychique ;’ il est le coeur vulnérable et sensible autour duquel se structure l'éventail de nos subpersonnalités puissantes. Ces dernières constituent ce que nous appellerons notre ‘ego ordinaire’, notre ‘moi identitaire,’ notre mode de fonctionnement et d'adaptation à notre environnement. Lorsque nous naissons, nous sommes un petit être qui n'a pas encore d'identité consciente, qui ne sait pas vraiment se distinguer de sa mère. Pour survivre, physiquement et psychiquement, nous dépendons des soins, de l'amour et de l'approbation de notre entourage.

     Incapable encore de s'aider lui-même, l’enfant va donc développer les stratégies qui lui assureront l'amour, les soins indispensables à sa survie. Il développera des comportements par lesquels il acquerra de la puissance, tout en évitant d'être blessé. C'est pour protéger ce noyau délicat de l'être, nu et sans défense, que nous émanons tout le groupe des subpersonnalités puissantes, et rejetons dans l'ombre leurs opposés ! Nous ne pourrons, cependant, faire l'économie de toutes les blessures, loin de là. Le petit enfant subsiste au fond de nous, mais peu à peu, nous le masquons, nous l’ensevelissons sous des protections toujours plus élaborées, tout en l'abandonnant, en fait, à sa solitude ! Et ses besoins, ses carences affectives, ses espérances d’unité et d’amour perdureront, resteront en attente, dans notre subconscient. Dès lors, ce sera d'autrui ! que tout au long de la vie, cet ‘enfant caché’ sollicitera - le plus souvent en vain - ce qui lui manque. Qui répondra alors à ses aspirations ?

    Quand la vie nous est dure... les tactiques qui mettent à l'abri ‘l'Enfant vulnérable’ finissent par ressembler à des murs qui nous emprisonnent. Nous devenons une forteresse au centre de laquelle vit un enfant dont nous avons perdu conscience, occupés que nous sommes à assurer sa défense du haut des remparts ! Nos subpersonnalités puissantes sont programmées comme des défenseurs. Chaque fois qu'une flèche atteint ou menace notre fragilité, ils se portent au-devant  de l'attaquant, se font le ‘champion de la veuve et de l'orphelin’, ou font le mort, la victime, dans l’espoir d'éloigner ou d'adoucir l'assaillant. Mais protection n'est pas relation ! Se battre, ou ‘concilier’ en prenant soin de l'autre... n'équivaut pas à prendre soin de soi ! Pendant que nous parons au plus pressé, notre ‘enfant intérieur’ et d'autres subpersonnalités blessées, craintives, restent isolés, privés d’amour et d'attention.

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    Faute de relation intrapsychique, toutes ces ‘formes du moi’ - qu'elles soient vulnérables, défensives, agressives - n'évoluent guère ; elles resteront figées dans leurs contextes et complexes respectifs... Et leurs vécus, leurs stratégies se répéteront, invariablement les mêmes, à la moindre alerte. La plupart du temps, nous ne nous apercevons pas que, devenus adultes, nous ne sommes plus si inexpérimentés, si exposés, qu'autrefois !

   Nous ne réalisons pas notre aptitude à re-parenter cet enfant intérieur;’ ni que notre force, notre autonomie, notre maturité, pourraient rendre superflus des murs si hauts et si âprement défendus ! Ni que notre ‘enfant intérieur’est plus solide et plus courageux qu'on ne croit... 

Le ‘Dialogue Intérieur’ est une invitation à cette découverte, une invitation à transformer notre forteresse en jardin, et à y ressusciter un ‘enfant intérieur’ heureux, en même temps que la richesse de notre sensibilité, de notre créativité, dont il est le dépositaire.

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SAMEDI

Développer un Témoin intérieur. Le processus du ‘Moi prenant conscience

    Ces prises de conscience seront le fondement de ce que l'on appelle, en 'Dialogue Intérieur,' le processus du ‘moi prenant conscience.’ Ce ‘Moi prenant conscience’ se fera, en quelque sorte, notre Jardinier, réaménageant avec sagesse notre écologie psychique, lui restituant son naturel, sa vivacité, sa créativité. 

    Le 'Dialogue Intérieur' se pratique à deux. Il y a celui qui chemine dans sa recherche, (appelé ‘facilité’) et, en face, celui qui l’accompagne, (appelé ‘faciliteur’). La personne qui s'engage dans ce travail, va peu à peu apprendre à se connaître; va développer un moi central, un ‘axe vertical et conscient’ dans la psyché. Elle pourra ainsi devenir un ‘Pôle relationnel’ pour toutes les subpersonnalités qui l'habitent ! Ce ‘Moi prenant conscience’ sera le chef du Conseil tribal, le Centre et le Contenant de notre Jardin intérieur ; une instance qui écoute et regarde, qui donne la parole, et accueille l'expression énergétique de chacun des intervenants.

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C'est aussi à partir de là, que l'on apprendra à comprendre, aimer et re-parenter ‘l’Enfant intérieur !’

Ce faisant, notre ‘Moi prenant conscience’ se fortifie et s’approfondit. Il devient à la fois le ‘Noyau et le Contenant d’un Ensemble’ en lequel gravite toute notre ‘famille intérieure’.

Le petit escargot refugié dans la rose

    Dans la pratique d'une session, la personne facilitée quittera la place centrale pour marquer et incarner son entrée dans une subpersonnalité donnée. En filigrane de ce protocole, ‘le moi prenant conscience’ en devient le Témoin - invisible corporellement - mais présent par le Cœur, l’Esprit et sa sensibilité ! Et c’est un ‘moi de plus en plus conscient’ que la personne facilitée réintègrera, lorsqu’elle reprendra place au centre en face du faciliteur.

      En anglais, le ‘moi  prenant conscience’ se dit ‘aware ego process. ‘En fait, il s’agira d’incarner, aussi concrètement que possible, un processus de prise de conscience, par une indentification volontaire aux diverses facettes de soi, suivie d'une dés-identification, volontaire elle aussi, des impulsions de notre ego. Au début, ce ‘moi  prenant conscience’ ne sera encore qu'une abstraction. Mais cette ‘dimension médiane et médiatrice’ va s'affirmer en nous au fur et à mesure du travail, se structurer ; nous apprendrons à la percevoir dans son énergie propre, à la distinguer de l’énergie des subpersonnalités, à nous situer entre deux courants divergents, entre deux opposés dans notre monde intérieur. 

     Paradoxalement, le ‘moi  prenant conscience’ est à la fois un espace déchargé et purifié de ses contenus… et un Guide, un chef du Conseil, pour reprendre cette comparaison. Sa place marque le Centre de ce que l'on pourrait aussi appeler un ‘mandala d'énergies, un mandala de subpersonnalités’. C'est là, que la personne commence et termine chaque session.

    J’aime bien l'image du mandala, car elle illustre, qu'en s'engageant dans cette différenciation des énergies, la personne, loin de se déstructurer, de se morceler, se découvre et se sent, au contraire, comme un ‘Tout, à la fois différencié, unifié et dynamique’. Car cette démarche nous équilibre, nous contient, et met en relation, ce qui en nous s'ignorait ou s'opposait : nous en serons beaucoup moins le jouet, pour en devenir le partenaire conscient !

 

DIMANCHE

La pratique : se mettre dans la peau d’une subpersonnalité

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     Après une prise de contact initiale, la personne va donc quitter sa place centrale et choisir dans la pièce l'endroit que va occuper l’une de ses subpersonnalités. Chaque énergie aura donc une place qui lui est propre. Souvent, au début, notre monde intérieur ressemble à un enchevêtrement de brins de laine de diverses couleurs et qualités. Peu à peu, l'on démêlera cette pelote de mouvements et d'impulsions dont nous disons : ‘C'est moi !’ L'on dégagera ces brins de laine, ces facettes de nous-mêmes, qui vont s'ordonner autour de l'axe central.

  

    Lorsque la personne entre dans une subpersonnalité, elle va, avec l’aide du ‘faciliteur’, s’immerger dans son ‘vécu,’ exprimer et partager, aussi complètement que possible, son registre propre. Elle dira ‘je’, et lorsqu'elle se référera au ‘Moi prenant conscience’, elle l'appellera par le prénom de la personne facilitée. En voici un exemple : Jean se sent envahi par la colère. La voix ‘Colère’ va choisir une place pour s'exprimer. Elle dira : ‘Je me sens hors de moi !’ et pourrait ajouter : ‘C'est rare que Jean me laisse un espace, il craint mes éclats, notamment au bureau. C'est toujours la ‘Voix conciliante’, qui s'adresse au chef du personnel...’. L'on opère ainsi une sorte de démarcation. D’une part, pour bien sentir la différence entre les diverses énergies ou subpersonnalités qui participent à une interaction, et d’autre part pour initier cette relation entre le 'moi prenant conscience' et les subpersonnalités.’  C'est cette relation qui sera le levain de toute l’évolution de notre ‘famille intérieure’. 

     L'accompagnant va se faire miroir, soutenir ce qu'exprime la subpersonnalité. Il entre en résonance avec elle, par ses questions, par son énergie et sa sensibilité. Ce partage exploratoire peut varier de quelques minutes à une heure, ou davantage. Une session de ‘Dialogue Intérieur’ dure en moyenne deux heures. Mais l'on peut aussi décider de pratiquer sans limite de temps, et même consacrer un espace de plusieurs jours à une exploration intensive.

     Ce travail se vit entièrement dans le présent. Les contextes de vie, les problèmes, les événements d'un passé proche ou lointain, ne seront évoqués que dans la mesure où les énergies qui les caractérisent sont réactivées dans le présent. Souvent ces associations surgiront spontanément dans la mémoire… par le truchement de sensations corporelles et d’un vécu émotionnel qui émergent dans l’expérience de la session. C’est précisément cette ‘expérience de soi’ qui nous fait mieux éprouver, comprendre, la nature de notre dynamique psychique et le comportement de nos subpersonnalités.

 

     La prise de conscience se fait dans ‘l'ici et maintenant’ des sensations, des émotions, des pensées et des images. C’est l’ensemble de la sphère psychique (facilité, faciliteur, subpersonnalités, comme aussi le ‘Moi prenant conscience’ du consultant) qui est à l'écoute de tout le registre sensible et verbal qui se vit. Communiquer, préciser, contribue à entrer en lien avec ce que l’on ressent et permet de l’intégrer. Nommer, appeler par son nom est une activité créatrice, comme l'illustre la Genèse. Cela donne sens et vie aux êtres et aux choses. Nous devenons co-créateurs, partenaires, plutôt que jouets de ce qui nous habite et nous advient.

   Ressentir, exprimer en face à face est bien autre chose que de le vivre dans le secret de notre solitude. Souvent, c'est la première fois que quelqu'un en est le dépositaire attentif et aimant ! Le ‘témoin intérieur’, le ‘témoin qu'est l'autre’, vont devenir point de référence. Créer ce regard, cette différentiation, cet ‘acte de reconnaître’ est une nécessité sans laquelle on ne peut construire une véritable relation à soi, ou à l'autre.
 

LUNDI

Les polarités énergétiques

    Au fil des interactions avec les subpersonnalités, l’on peut observer que la psyché repose sur une dynamique de polarités. Nos énergies sont comparables à des ‘faisceaux de pôles opposés ou complémentaires’. Mais ce que nous connaissons de nous-mêmes, ce que nous actualisons, n’en représente qu'une petite partie : nous ne sommes que très peu conscients de ce qui s'affronte en nous, nous influence, nous enrichit... alors même que ces pôles, demeurés en retrait, contiennent une charge énergétique, émotionnelle contraire - de force égale ! - à celle qui se manifeste dans les pôles plus conscients. 

    Ce que l'on appelle refoulement, déni, ombre, subconscient - et qui constitue le facteur caché de nos réactions - est logé, souvent comprimé dans ces pôles en quelque sorte masqués. L’on constate, qu'en vertu de la tension qui existe entre deux pôles, l'on peut basculer aisément - et à notre surprise - d'un pôle dans l’autre. Ceci, surtout lorsqu'on s'est d'abord identifié intensément à l'énergie de l’un des pôles, car il en découle un effet de balancier, voire de renversement des pôles : l'élan dans une direction s’inversera d'autant plus facilement qu'il est allé loin dans un sens... et l’on se retrouvera de l'autre côté de soi! Comme sur une balançoire. Nous en avons l'exemple dans la vie de certains Saints qui - dans un mouvement de conversion - se sont transformés de persécuteurs du Christ, d’hommes de mauvaise vie, en hommes de Dieu, comme St. Paul sur le chemin de Damas et St. Antoine. Les rémissions et guérisons miraculeuses peuvent se comprendre ainsi. Ces renversements sont tout aussi emblématiques lorsque quelqu'un qui se croyait bienveillant devient subitement destructeur...

    En 'Dialogue Intérieur,' le but n'est pas de changer de pôle, mais d'utiliser cette loi de l'énergie et de l’équilibre pour faciliter l'intégration progressive et prudente de cet autre versant de nous-mêmes, resté obscur. Cela contribuera à nous libérer, à pacifier nos élans restés prisonniers, à diminuer nos blocages et donc le risque de ruptures d'équilibre dont l'irruption inattendue et trop violente peut s'avérer dévastatrice... ‘Démon de midi’, crises du ‘milieu de la vie’, dépressions soudaines, maladies, volte-face relationnelles.

   Travailler en ‘Dialogue Intérieur,’ c'est s'ouvrir à notre diversité, à notre plein potentiel : nous nous donnons des choix, nous élargissons notre répertoire, nous devenons plus riches, plus dynamiques, plus créatifs, plus flexibles. Nous équilibrons et régénérons la circulation des énergies qui nous animent. Par exemple, sonder le pôle exprimant notre impuissance, nous donnera accès à celui de notre force, sans qu’il nous faille l’exagérer, et sans pour autant devoir renier notre faiblesse. A l'instar de vases communicants, ces deux pôles s'ajusteront : notre puissance sera plus accessible et notre faiblesse en deviendra moins paralysante.

 

MARDI

L'expérience du 'Moi prenant conscience' : un vase vide, un écran vierge

    En un sens, l'espace du 'Moi prenant conscience' est comparable à un ‘vase’ transparent et vide. À tout moment, au fil du quotidien, lorsqu'une de nos subpersonnalités se manifeste, il y a identification spontanée, involontaire, automatisée et donc relativement inconsciente. Son énergie spécifique envahit, colore, opacifie notre espace de conscience; notre ‘vase’ se remplit. Dans notre perception, les énergies ne coexistent pas, mais se substituent (ou se superposent) l’une à l'autre, parfois très vite, comme un clou chasse le précédent. . Soudain nous ne sommes plus que colère, par exemple, ou méditant, ou envol sur le piano ! Et, à chaque fois, toutes nos ‘autres’ subpersonnalités... l’homme d'affaires, la mère, l’enfant blessé par exemple, sont escamotés, occultés. Nous perdons de vue leur existence, leur nature, leurs besoins au profit de ‘qui’ occupe le centre de notre perception.

    Qu'est-ce que le ‘Processus du moi prenant conscience’ ? Quelle est sa fonction ? Il repose sur notre faculté de devenir à la fois le témoin et le partenaire de ce qui remplit et colore notre vase ; la faculté aussi de goûter et de suscité cette paix intérieure liée à un ‘volume d’être’ centré, spacieux et impartial parce que dés-identifié. L'on pourrait alors comparer le ‘Moi prenant conscience’ à la neutralité d'un écran de cinéma, sur lequel vont se projeter les séquences de notre vie et les personnages qui les incarnent. Un film fait suite à l'autre, mais l'écran au-dessous reste blanc, vierge dans sa nature intrinsèque, comme le vase reste le vase, quel que soit le bouquet.

    Le ‘Moi prenant conscience’ englobe toutes nos facettes, mais ne peut, cependant, se réduire à aucune en particulier. En tant que Contenant, il est toujours plus vaste que la somme de ses contenus! La succession des énergies dont nous sommes l'expression, illustre que tout en nous est changeant. Le vase vide, l'écran blanc, favorise l'intuition de ce qui, en nous, est conscience immuable, sérénité profonde. Il y a là une vision qui se rapproche de celle de la spiritualité orientale. Dans le bouddhisme, par exemple, l'on pratique méditation, observation et détachement, en lesquels nos pensées, nos émotions, seront connues, mais ne feront que traverser un ciel de vacuité, tout en bénéficiant de notre compassion. Considéré sous un certain angle, il y a donc aussi une lecture métaphysique du ‘Dialogue Intérieur.’

Le processus d'identification.

Le ‘Moi prenant conscience’ comparé à ‘l'ego ordinaire 

    L'expérience du ‘Moi prenant conscience’ est donc un peu l’expérience du vase vide...

...et de la manière dont il se remplit et se draine à nouveau. C'est la conscience d'une succession de mouvements et d’états auxquels nous nous identifions.

    Ces réactions en chaîne peuvent être si rapides que nous ne percevons même pas la blessure qui en est le déclencheur! Nous ignorons ou nous méconnaissons la genèse de nos réactions. Et cela, à plus forte raison, si la blessure originelle - celle qui dans un lointain passé marque l’un de nos premiers vécus d'enfant - nous est cachée. Pratiquer le ‘Dialogue Intérieur,’ c'est éprouver et comprendre comment et pourquoi, nous redonnons perpétuellement naissance, perpétuellement suite... à ces ‘enchaînements’ (au double sens du terme). C'est redécouvrir leur source agissante telle qu’elle se manifeste au présent, nous fait souffrir et fait souffrir les autres dans notre vie actuelle.

    On en a bien l'exemple, lorsque quelqu'un nous blesse et que nous sommes, pour une fraction de seconde, emplis de désespoir, puis, presque immédiatement, envahis par la colère : puis, souvent, il y a un reflux, un déni de notre ressenti qui se mue en indifférence ou en un mouvement compensateur de conciliation...  

    Plus prosaïquement, l'on pourrait aussi rapprocher ce qui se passe en nous, de la conduite d'une automobile. La voiture serait alors le symbole de notre vie et la question : ‘Qui donc est au volant ?’ Si l'on reprend les identifications de l'exemple cité, c'est soudain ‘un Enfant blessé’ qui conduit, puis ‘Colère’, puis ‘Indifférence’ ou un ‘Conciliateur’ etc. Notre ego, au sens ordinaire du terme, est fait de ces mécanismes et structures qui, à notre insu, propulsent au volant de notre vie des conducteurs variés dans le but de tenir la route à travers les cahots de notre existence. Parmi ces conducteurs, il y en a bien quelques uns qui nous exposent à des accidents... Nous sommes sur ‘pilotage automatique’ et inconscient.  

    Le ‘Processus du moi prenant conscience,’ par comparaison, sera la capacité de reconnaître Qui conduit ; la capacité de dire ponctuellement : ‘Pouce !’ à ce jeu ; celle de s’arrêter un moment pour répondre à nos besoins, entrer en relation avec nos émotions et les équilibrer par un accueil lucide et aimant de qui nous sommes dans un moment donné. Cette conscience de soi nous ouvre des alternatives. Nous reprendrons la conduite de notre véhicule en connaissance de cause. 

   L'on pourrait dire aussi, que nous sommes une grande maison d'énergie qui abrite une communauté, et la question serait : ‘Qui dispose de quelle pièce et de combien de m2 ? Qui occupe le placard à balais ou la cave ?’ Qui n’a pas la permission d’entrer ? Cela me rappelle quelqu'un qui me disait : ‘En moi la ‘femme puissante’ est toujours dans l’armoire et la ‘gentille conciliatrice’ vit au salon, au lit, et à la cuisine’.

   Plutôt que de rester une victime des circonstances, asservis par nos craintes et nos impulsions, nous pouvons évoluer, devenir plus responsables, faire des choix basés sur une réelle compréhension de nous-mêmes et accéder à cet espace de paix et de clarté qui sous-tend les vagues qui nous agitent. 

 
 

MERCREDI

Honorer tous les dieux, toutes les énergies, tous les êtres.

    Hal et Sidra Stone comparent la démarche du ‘Dialogue Intérieur’ à ce que, dans un contexte mythologique, l’on appellerait : ‘honorer tous les dieux’. Honorer tous les dieux, c’est respecter toutes les ‘voix.’ C'est pénétrer dans l'enceinte sacrée de notre psyché, et déposer en tous ses ‘sanctuaires’, devant chaque ‘personnification,’ chaque ‘divinité intérieure,’ chaque archétype… quelques fleurs. C'est prononcer pour chacun une prière qui les reconnaît ; même si, en dernier ressort, nous allons passer l'essentiel de notre temps en référence à notre divinité protectrice préférée...

     Ne pas veiller à cela est dangereux. L’histoire, les contes, les mythes, nous en avertissent de multiples façons. Dans le conte de la ‘Belle au Bois Dormant,’ la treizième fée - celle que l’on omet d'inviter ! - se venge. Elle détruit la vie familiale, la vie quotidienne bien réglée du château, en plongeant la princesse et tout son entourage dans un profond sommeil : image de l'inconscience qui nous tient prisonniers. Cent ans plus tard, il faudra qu'un prince, investi de toutes les qualités de la maturité, affronte la haie d’épines qui défend l'accès à la princesse et au château. Il les éveillera par un ‘baiser d'amour conscient’ !

    Ne pas intégrer nos énergies reniées, c’est courir à un renversement de polarités intempestif. C’est s’exposer à la treizième fée. C’est risquer d’être déstabilisé par une crise d’identité, d’adolescence tardive susceptible de nous inciter - bien après en avoir dépassé l’âge ! - à tout bouleverser sans réflexion, à compromettre notre vie professionnelle et familiale.

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     L'amour de soi, le courage de se tenir face à soi, l'accueil de notre vulnérabilité, la l’intimité bienveillante avec soi qui en naissent, sont le secret de ce travail et de l'éveil qui en découle. Le ‘Dialogue Intérieur,’ est une rencontre sans jugements de valeur avec tout ce qui nous habite, avec toutes nos énergies, qu'elles aient été bienvenues ou non dans le passé. C'est honorer qui nous sommes, dans toutes nos facettes, qu'elles soient d'ombre ou de lumière, de joie ou de tristesse, connues ou inconnues.

Se connaître, s'aimer, c'est aimer l'autre, construire la paix

   Nous pourrons dès lors, engager la rencontre, engager le dialogue! Et, qui sait - reconnaissant la souffrance qui sous-tend toute violence - avoir compassion de la personne, même si nous condamnons ses actes. C'est d’un tel amour, d'un ‘amour en connaissance de cause’, basé sur la lucidité, basé sur le respect de la différence, que naissent les transformations qui nous conduisent à la paix. 

   L'inscription ‘Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux’, gravée au fronton du temple d'Apollon à Delphes, fut la devise choisie par Socrate. Le Christ, dans le deuxième commandement, nous dit : ‘Tu aimeras ton prochain, comme toi-même.’ Loin d'être une démarche égoïste, la connaissance de soi et l'amour de soi, sont le fondement même sur lequel se construit l'amour de l'autre. Si je n'aime ni ne comprends, l'étranger, l'enfant abandonné, le destructeur, le législateur, le courtisan, le critique, qui se côtoient en moi… comment pourrais-je les aimer et les comprendre, lorsque je les croise dans le monde et que j'entre en conflit avec eux ?

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   N'est-ce pas justement à la faveur d'une exploration et d'une écoute de soi sans préjugés, que nous pouvons découvrir - par l'intérieur - les pourquoi et les comment de notre vie, les arcanes de nos chagrins, de nos douleurs, de nos manquements… si semblables à ceux d'autrui ? Si semblables à  ce que dans le monde, nous jugeons incompatible, inassimilable ou dangereux ?

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    La définition de l’égoïsme n'est-elle pas de privilégier un élément isolé au détriment de l'ensemble ? Si nous faisons, au contraire, l’expérience d'un accueil de plus en plus vaste - et dont nous ne nous excluons pas ! - nous pourrons dire : ‘Je suis le monde, le monde est moi’. Et nous lierons alors notre bien personnel au bien de tous. Le ‘Dialogue Intérieur’ nous ouvre à ce partage, à ces échanges, à cette acceptation, dont bénéficieront toutes nos énergies, tous les membres de notre ‘tribu intérieure’, tous nos proches, et par assimilation tous les êtres. 

  Comme les hommes s'opposent au dehors, nous sommes divisés au dedans. Souvent, le ‘Dialogue Intérieur’ commence, lorsque nous nous sentons déchirés par des contradictions incompréhensibles, insolubles. Il y a des moments où notre réflexion débouche sur une impasse et sur la confusion. Nous prenons alors conscience qu'en nous se mêlent, inextricablement, l'amour et le rejet, la vérité et le mensonge, l’aspiration spirituelle et nos limitations. Il y a des étapes où nous réalisons, par exemple, que le sourire que nous adressons à l'autre était un sourire de convenance qui recouvre une colère, un désespoir, un vide. Nous nous sentons alors hypocrites, loin de notre vérité, piégés dans nos incompatibilités, séparés de nous-mêmes ou trahis. Nous devenons la proie au doute, d’une amère autocritique ou débordons de jugements et de reproches... 

    Trop souvent notre désir de changement se heurte à notre impuissance. Impuissance à enrayer les difficultés et les délires qui secouent le monde, impuissance aussi à se transformer soi-même. Nous essayons alors d'écarter, de supprimer, de nier ce qui nous gêne. Le bien-portant ignore le malade ; le bien s’oppose au mal ; conjoints et partenaires se détournent les uns des autres ; ils ne se comprennent plus !

     La solution qui nous vient, c’est d'effacer, de fuir ou de refouler, ce et ceux qui sont différents: dans notre propre psyché comme dans le monde extérieur ! Car partout nos dissemblances sont source de conflit et de douleur, alors qu’elles pourraient être source d’enrichissement.

     Le ‘Dialogue Intérieur’ nous invite à une approche radicalement autre. Il ne s'agit plus de réformer, mais d'accueillir ; il ne s'agit plus de corriger, mais d'épanouir. Petit à petit, dans le vécu des sessions, l'on fait l’expérience d'être écouté, compris et regardé sans jugement. Le ‘Moi prenant conscience,’ comme aussi l'accompagnant, resteront - dans la mesure humainement possible - des témoins en lesquels s'associent fermeté, neutralité, bienveillance et compassion.

    Et cela nous ramène à notre exemple du Conseil tribal. Dans les sociétés, dites primitives, ce Conseil va palabrer jusqu'à ce que chacun ait pu s'exprimer. Puis se ré-exprimer… au fur et à mesure qu'il affine et complète son point de vue par une intégration progressive de celui des autres! En fin de compte, les décisions résulteront d'une vue d’ensemble. Tout naturellement, ce ‘processus de consultation’ se fera médiateur, encouragera l'émergence d'une sorte de consensus fondé sur l’écoute et la solidarité. C’est à cette harmonisation sans contrainte que pourra nous conduire le ‘Dialogue Intérieur.’

JEUDI

Le processus 

de dés-identification 

et la relation à soi-même

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   Revenons à ce qui se passe, lorsque nous avons fait amplement connaissance d'une subpersonnalité. Après l’avoir remerciée pour tout ce qu'elle a partagé, le ‘faciliteur’ l'invite à reprendre place, au centre, dans ce que l'on appelle le ‘Moi prenant conscience.’

 

Cette transition est le point de départ d'une différenciation intrapsychique qui rendra effective l'expérience d'un ‘moi central,’ ouvrant par là-même la possibilité d'une relation consciente à soi-même. Jusqu'alors, on avait pris le temps de s'identifier, aussi intensément que faire se peut, à la subpersonnalité explorée. Et maintenant l’on va faciliter une dés-identification de celle-ci, non pour l’exclure, mais au contraire pour initier une relation, basée sur un face à face avec elle. 

    La subpersonnalité est encore présente, par le souvenir de son vécu et de la place qu'elle occupait dans la pièce. La démarcation entre le ‘Moi prenant conscience’ et les subpersonnalités va se fonder sur une ‘séparation spatiale et énergétique.’

 

   L'on observe en quoi - une fois de retour au milieu - on se sent différent, au niveau des sensations corporelles, des émotions, des pensées… de la subpersonnalité que l'on vient de quitter. On la visualise : elle doit prendre corps à nos yeux, être perçue clairement, à la fois dans son énergie, son comportement et ses aspirations; être regardée comme une personne distincte, pour laquelle on éprouvera certains sentiments. 

   Comprendre notre ‘famille intérieure’ n'est qu'un premier pas. L'on connaît maintenant les ingrédients qui composent le pain. Nous savons qui a pétri la pâte et comment. Le levain qui la fera lever, la chaleur qui la transformera, c'est l'amour; c'est la relation qui va s'établir entre notre ‘moi progressivement plus conscient’ et les subpersonnalités que ce travail aura mises en évidence. Pourquoi séparation et relation sont-elles à la fois complémentaires?

La séparation, une condition de notre accès à la maturité

      ‘Séparation et relation intrapsychiques’ prennent modèle sur la vie elle-même. Mettons cela en parallèle avec le développement de l'enfant: aussi longtemps qu'il est in utero, il y a une forme de symbiose avec la mère. Mais avec la naissance, l'enfant doit s’engager dans un chemin de séparation et de différenciation progressive. Ce chemin de conquête de son autonomie se poursuivra tout au long de sa croissance, et jusqu’au terme de la vie. Sur ce chemin, l’être humain passe du ventre de la mère à ses bras, à sa petite chaise, à l’école, à quitter le nid, à s’affirmer et prendre sa place dans la société. Puis un jour, il doit laisser ses enfants partir et parfois aussi ses partenaires. Il verra des proches mourir. En vieillissant, il devra de se séparer petit à petit de son intégrité corporelle, de ses capacités, et finalement laisser sa vie terrestre, en mourant. C’est bien au fil de ce parcours de séparation, que nous devenons des interlocuteurs à part entière dans le face à face avec nous-mêmes, avec autrui et avec notre destin. 

    La ‘séparation’ est donc une condition de notre épanouissement, de notre évolution, et de toute maturation.

   C'est elle aussi, qui rend possible à nos parents, à nos proches et à notre environnement, de devenir ces miroirs à travers lesquels nous nous structurons et affirmons notre identité. 

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    Les mêmes impératifs régissent notre vie intérieure. Et c'est un ‘mode de séparation analogue’, qui nous permet de répondre à ‘l'enfant dedans;’ qui fera de nous des adultes capables de prendre soin de nous-mêmes, de devenir notre propre miroir... et donc d'aimer l'autre pour lui-même. Et partant, de refléter adéquatement nos enfants biologiques !

 

VENDREDI

La relation à soi, s'assumer

    Le ‘Moi prenant conscience’ est invité à devenir le pôle relationnel, la poutre maîtresse, de notre monde intérieur.

Il s'agira de se démarquer peu à peu des subpersonnalités auxquelles nous nous identifions, et dont certaines avaient le rôle de ‘parents introjectés.’ Car ce n'est qu'en devenant attentifs à notre ‘enfant intérieur,’ à sa souffrance, à sa solitude que nous pourrons commencer à le sécuriser. Il s’agit de devenir son ‘vis-à-vis conscient,’ en établissant un ‘lien aimant’ avec ce noyau précieux de l'être.

     Un enfant, qui n'a pas bénéficié d’un miroir juste auprès de ses parents biologiques - reflétant sa vérité, plutôt que la leur ! -, qui ne s’est pas senti aimé, à qui l’on n’a pas posé limites claires... pourra rester bloqué à divers niveaux dans sa progression. De même manière, faute de face à face, nos subpersonnalités primaires restent ‘figées,’ répétitives dans leurs comportements. C'est ce qu'on appelle un ‘complexe autonome’ ou un ‘réflexe conditionné’ ! Sans ce ‘moi conscient et différencié,’ ce témoin intérieur capable de chérir, de refléter ses subpersonnalités et d'entrer en relation avec elles, nous ne nous transformons pas!

    Nous rêvons tous de la personne qui nous aimera, nous acceptera sans conditions, tels que nous sommes, avec nos défauts, nos faiblesses. Nous projetons cette attente sur nos proches qui trop souvent ne peuvent qu'échouer face à cette exigence. Et nous leur en voulons! Cet espoir d'être aimés inconditionnellement est en constante contradiction avec notre expérience. Il est mis en échec par notre éducation qui a pour tâche de nous adapter à un système familial et social imparfait et parfois hostile ! Si plus tard, nous projetons à notre insu, ce désir d'un amour idéal, cette faim affective sur nos partenaires, nos conjoints, nos enfants, nos amis… ceux-ci ne pourrons l'assumer ! Nous souffrirons alors de continuelles déceptions, de besoins inassouvis, de trahisons présumées qui risquent de détruire notre vie de couple, d'empoisonner nos relations.

    Reprendre nos projections, c'est la possibilité de devenir ‘l'autre' pour nous-mêmes, notre propre part manquante, notre propre ami ! Être responsable de soi, c'est répondre à nos besoins par la médiation  d'un ‘moi de plus en plus conscient.’ Et c'est alors rendre à nos  proches leur liberté, c’est enlever de leurs épaules le poids de nos attentes et celui de nos blâmes !

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    Dans ma vision personnelle, il n’y a que deux êtres qui peuvent, d'une certaine manière, combler cette soif d’un amour inconditionnel: Dieu, si nous y adhérons et ce ‘Pôle aimant de  notre moi,’ si nous le voulons bien. Ne sont-ils pas nos plus intimes prochains, habitants de notre Cœur, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, de la conception à la mort, et peut-être au-delà de l’une et de l'autre ? C'est cette histoire d'amour et de pardon face à soi-même, d'acceptation de nos différences, que nous fait vivre le ‘Dialogue Intérieur.’

 

SAMEDI

L’étape de la Vision lucide: devenir un spectateur, un témoin.

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    Nous avons vu, qu'en fin de session, après avoir expérimenté la nature d’une subpersonnalité - et fait connaissance également, le cas échéant, avec un opposé’ - la personne se rassoit au Centre. Elle prendra alors acte du ‘vécu sensoriel propre au ‘Moi prenant conscience,’ notamment par contraste avec le vécu sensoriel plus spécifique d'une subpersonnalité donnée.

 

    Pour clore ce processus, il y a une dernière phase. La personne va se placer à côté de l'accompagnant, c'est-à-dire en face de tout ce qui se sera déroulé pour elle pendant la session. Elle sera là une spectatrice, une auditrice, sans autre tâche que d'être le témoin détaché du film de sa propre vie.

    Elle regardera la place du ‘Moi prenant conscience,’ celle des ‘voix’ qui ont participé ; elle écoutera sans intervenir, le résumé que va lui faire le faciliteur. Celui-ci retracera pour elle un résumé des étapes parcourues.

    Cette dernière position est dite de la ‘Vision lucide.’ Elle est importante, car elle contribue au lâcher prise, au détachement, à un ‘recentrage du moi.’ Elle soutient la Compassion pour ce qui nous habite, tout en laissant défiler les images du moi dans le silence et l’immobilité; sans les investir, attentive seulement à demeurer dans sa qualité d'être, sans jugement et sans attache, mais avec bienveillance.

 

DIMANCHE

Le Dialogue Intérieur: un processus d'épanouissement de la Conscience.

    Aujourd’hui, la science commence à mettre en lumière que l’homme est un microcosme à l’image de l’univers, ne faisant que confirmer ce que croyaient les Anciens. À l’instar de notre corps, dont chaque cellule comporte dans son code génétique l’information de l’organisme entier… l’homme n’est-il pas à l’image de Dieu ? N’inclut-il pas dans sa finitude terrestre toutes les caractéristiques de l’infini ?

    La connaissance de l'univers lui-même pourrait-elle être déduite d’une seule cellule, d'un seul atome ?

Et, en vertu de cette proposition, chacune de nos ‘subpersonnalités’ pourrait-elle éclairer la nature de toutes les autres, comme aussi la dynamique et le sens profond, de la personne elle-même dans son entièreté ?

    Notre corps se construit à la faveur d’une division cellulaire: il y a multiplication, puis différenciation, puis relation entre les cellules agencées en systèmes. Et puis, il y a conscience de cela... Et enfin cette merveille qu'est un être complet, doué d'intelligence. Ce ne sont pas les similitudes qui font l'unité, mais la relation ! Une relation qui va mettre en lien et en communication des données variées, variables, voire divergentes… Et qui les réunit en un ‘tout’ organique, cohérent, solidaire et sain !

   Certains physiciens proposent qu'un ‘ordre impliqué’ sous-tend l’univers et confère un sens et une direction à des éléments qui se divisent et s'assemblent, formant sans cesse de nouvelles structures. Le ‘processus de la conscience’ pourrait bien évoluer de façon analogue: en séparant et connectant les éléments contenus dans notre corps-cœur-esprit, en nous remodelant via cette diversité, via une relation toujours neuve à nous-mêmes et à l'altérité !

La pratique

du ‘Dialogue Intérieur’

et l’émergence d’un

‘Moi prenant conscience’

qui en est le fruit,

sont bien à cette image. 

    Mais on a peu l’habitude de pratiquer - ou même d'imaginer - ce que peut être une relation concrète à soi ! Nous sommes trop identifiés. Comme quelqu’un qui poserait son nez sur la page de son livre, nous ne pouvons nous lire de si près ! Voir clair demande de la distance; aimer aussi. Espace, séparation, sont les garants d’un véritable amour, comme l’intervalle entre les notes est la condition d’une mélodie. Cela sera ressenti comme une bouffée d'air frais dans le cachot des prisonniers intérieurs. L'oiseau retrouve ses ailes, l'enfant vulnérable l’étonnement d'être, sa joie et ses larmes, sa spontanéité. C’est là un amour respectueux de la liberté.

    Nous contenons chacun toutes les énergies, et donc toutes les personnes qui peuplent cette planète.

Les comprendre et les aimer - à l’intérieur de soi! -, c'est aussi les comprendre et les accepter au dehors.

C'est savoir établir avec elles cette relation, ce dialogue, qui d'un étranger, d'un ennemi, d'un inconnu fera un frère.

© Adelheid Oesch 1993

 
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Illustration © André Hiernaux  

​L'ATELIER DU DIALOGUE INTÉRIEUR © Adelheid Oesch 2021