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Pour
passer de la peur à la confiance, de la séparation à l’amour, de l’image de soi
à l’estime de Soi, il y a lieu que nous reconnaissions notre propre Lumière,
plutôt que de tout faire pour qu’autrui nous
valide… ‘‘Car, si dans mon miroir et le tien je ne vois que torts et
raisons, que le mal que je t’inflige et que tu me fais subir, que ta culpabilité
ou la mienne ; si je ne fais que me battre pour combler mes manques et prouver
tes insuffisances … je ne fais que créer la division et perpétuer les conflits
qui nous opposent l’un à l’autre, ou à nous-même, depuis Cro-Magnon !
L’estime
de soi serait-elle l’enjeu de toutes nos guerres et rivalités ? Y
a-t-il une estime de Soi qui serait, elle, une source de Paix et de
Réconciliation ? L’estime de soi, s’avère intimement liée à l’image de
soi et donc à la question de notre identité. Et nous nous apercevons
rapidement que celle-ci varie comme une girouette, au gré des mérites ou des
défauts que notre image véhicule aux yeux d’autrui et aux nôtres.
Une
interrogation s’impose: ‘‘A
quelle identité est-ce que je me réfère en ce moment ?’’
Lorsque je suis en colère, c’est Colère qui est ma référence, qui
donne naissance au monde que je crée, en moi et autour de moi. Si une personne
m’insulte et m’accuse sur le coup de sept heures, est-ce qu’elle a réellement
modifié, sali, détruit qui je Suis entre 18h55 et 19h 05 ? Ou
est-ce seulement l’image de moi-même qui est écornée ? Cause et effet
sont liés : ‘‘Quelle est la Cause, le gène ontologique, de mon Etre?
Mon Etre a-t-il sa Source dans l’Esprit; ou ne suis-je
que ce corps physique et ces images de moi que je m’attribue—ou
que l’autre me prête? ’’
‘‘Connais-toi toi-même
et tu connaîtras l’Univers et les Dieux’’…telle est la maxime de Socrate
gravée dans le vestibule du temple de Delphes. L’exploration consciente de" qui
nous sommes
indépendamment de nos
échecs, de nos réussites, de nos mérites, de nos défauts et de nos circonstances" est cruciale ! Bien des voies nous y conduisent et bien des pratiques peuvent nous y aider.
Le ‘‘Dialogue
Intérieur’’
nous offre un chemin simple et concret.
Il a été
développé par Hal et Sidra Stone PhD USA. Il nous apprend à discerner et à
accueillir les énergies qui nous animent comme une famille intérieure
de subpersonnalités, dont l’ensemble forme ce dont nous
disons : ‘‘C’est moi…’’ Pratiquer le ‘‘Dialogue
Intérieur’’ nous apporte une compréhension intime de
nous-même, nous rend plus vivants, plus conscients, génère
un processus qui nous rapproche de l’Etre. C’est un travail individuel,
qui doit être accompagné par un Faciliteur expérimenté.
Le
premier pas… nous invite à nous identifier à notre Nature
relative, c’est-à-dire aux différentes fixations de notre
personnalité …dans ses contradictions, dans ce qu’elle fait valoir, ce qu’elle
cache, ce qu’elle montre; dans ce qui en fait la sensibilité, les peurs et les
blessures. Embrasser nos ressources autant que nos limites et nos souffrances,
au fil de ce processus, va développer un regard de lucidité et de compassion
pour nous-même; et nous commencerons à nous sentir moins divisés intérieurement
et à faire œuvre de paix plutôt que de séparation.
Le
second pas… est celui qui nous amène à nous dés-identifier de la
Nature relative qui nous habite. Non pas pour la rejeter, mais pour établir
avec elle une relation consciente et aimante, tout en dégageant un espace
intérieur qui laissera affleurer notre Nature essentielle. Et
c’est ainsi, qu’au profond du corps et du Cœur, nous pouvons alors faire
l’expérience d’une Paix que rien ne saurait détruire; d’une Unité
sereine qui sous-tend notre moi limité et souffrant, comme les calmes
profondeurs de l’océan sous-tendent les vagues qui en bouleversent la surface.
Le troisième pas ... est celui d’un enfant
qui se confie à Ce qui le dépasse.
Comment le
‘‘Dialogue
Intérieur’’ nous guide-t-il dans cette
exploration ?
Le
‘‘Dialogue Intérieur’’ propose que
plusieurs groupes de subpersonnalités (ou
types de voix), se côtoient, s’affrontent, se manifestent en nous. Elles
sont reconnaissables parce que chacune a sa nature propre, son énergie, ses
ressentis, son discours, ses comportements.
L’ensemble
de ces facettes forme notre personnalité de survie.
Il y a notamment le Critique Intérieur qui me censure, me supervise,
m’accuse, me culpabilise, m’avertit. Il y a le Juge Intérieur, qui
condamne et désapprouve autrui. Il y a l’Activiste qui me pousse à en
faire toujours plus ; le Perfectionniste pour le faire toujours mieux !
Il y a le
moi social… Ce sont mes
subpersonnalités primaires, mes pouvoirs et mes ressources ; ce que je
montre pour trouver ma place. ‘‘Pour me sentir bien, pour devenir une
personne de valeur, j’ai appris à… je sais faire avec joie et compétence…’’
Il y a le
moi sensible.
Ce sont mes subpersonnalités vulnérables;
des personnes intérieures blessées, craintives; mais aussi des Enfants
intérieurs, créatifs, joueurs, magiques, innocents.
Il y a le
moi réactif… Ce sont des
subpersonnalités primaires qui me protègent et me défendent. ‘‘Lorsque
je me sens menacé, coupable ou blessé… je réagis en attaquant ou en fuyant, ou
en me soumettant.’’
Il y a le
moi réprimé… Ce sont mes
subpersonnalités reniées; ce que je désapprouve en moi, ce que je ne
supporte pas chez les autres. C’est ce dont je n’ai pas l’habitude, ce que je
n’ai pas développé; ce que je n’exprime pas et ne fais jamais. ‘‘Pour ne
pas perdre l’estime de moi-même ou celle d’autrui, j’évite de… je ne me permets
pas de…’’
Et c’est
tout cela que nous cherchons à sécuriser, imposer, développer ou écarter,
en corollaire à nos situations dans de multiples domaines personnels et
collectifs. ‘‘Je m’identifie à ma famille, à mon sexe; à mon contexte
social, culturel, politique, ethnique, idéologique, moral, religieux. Je
m’identifie à mes valeurs, à mes pensées, mes croyances, mes émotions; à mon
savoir, à mes ressources; à mes souffrance, à ma culpabilité, à ma colère et mes
jugements……’’
Plus profondément, il y a ce que je
Suis… Il y a un moi prenant conscience.
Le ‘‘Dialogue
Intérieur’’ met en relation personnalité de survie
et identité profonde.
Un aspect essentiel du ‘‘Dialogue Intérieur,’’
c’est qu’il développe un moi prenant conscience
qui émerge naturellement de l’écoute de nos mouvements intérieurs. Peu à
peu, ce moi miroir, ce moi témoin, va se déployer au Centre
d’un mandala de la personnalité; il va devenir le pôle
relationnel autour duquel dansent nos subpersonnalités. Il se
reconnaît à un Espace intérieur qui se libère lorsque nous accueillons ce
qui nous habite et nous agite—mais sans se prendre
pour cela! Il se vit comme une Qualité d’Etre
et de Présence. Il se reconnaît aussi à une Ouverture
bienveillante face à ‘‘ce qui habite l’autre.’’
Estime de soi ou estime de Soi ?
Notre Vie est un parcours paradoxal.
Si notre
Premier Pas
consiste bien à nous équiper pour réussir au mieux notre parcours de vie, c’est
au prix il est vrai d’incessants efforts de la naissance à la mort! C’est
compréhensible que nous tentions de garantir cette reconnaissance de soi,
sans laquelle nous risquons de glisser vers la dépression; vers le sentiment
d’être mauvais, coupables ou nuls.
Mais, tôt ou
tard, nous nous apercevons qu’une telle entreprise est vouée l’échec! Car,
quotidiennement, notre existence persiste à nous confronter à nos limites, à nos
impasses, à nos impuissances. Une autoprotection, une auto-affirmation, une
auto-amélioration, qui ne s’appuierait que sur notre ego, notre moi
biologique, notre moi psychologique, notre moi social,
ne saurait y répondre, ni la garantir. Et quelque épreuve
majeure—ou ultimement notre mort—nous
en présentera l’irréfutable preuve.
Notre
Deuxième Pas sera donc de reconnaître que nous ne
sommes pas que cela et à en faire notre Acte de Foi.
Y a-t-il dans notre moi de survie une
quelconque Liberté? Un libre arbitre, un vrai choix? Y reconnaissons-nous cette
Nature de Lumière et d’Amour à laquelle nous aspirons; une Filiation
au niveau de l’Esprit? Quel est notre Parent au plan de la
Conscience; l’Héritage spirituel dont nous voulons nous réclamer? Nous ne
saurions bénéficier d’un Géniteur, d’une Origine que nous renions, d’un
Héritage que nous n’acceptons pas! Une Source que nous refusons, ou que nous
prenons le parti d’ignorer, ne nous alimente pas.
Indépendamment de toute croyance religieuse ou obédience ecclésiale, nos
interrogations identitaires nous ramènent à ce que toutes les Grandes Traditions
nous enseignent et que la Genèse résume en quelques simples mots: un
corps-matière façonné dans la glaise, mais animé d’une nature spirituelle,
insufflée par Dieu, lequel nous donne ainsi naissance …à son image et à sa
ressemblance. Suis-je né de l’Esprit divin qui me donne en partage tout ce
qu’Il est; qui m’associe au Soi essentiel ? Ou… ?
Notre
Troisième Pas… est celui d’un enfant qui
se confie.
Ce pas
ultime est déjà accompli. Il nous attend au fond de nous. Il ne
requiert aucun effort. Mais nos prises de conscience, les voies spirituelles que
nous suivons, écourtent le temps qu’il nous faut pour nous en apercevoir! Elles
enlèvent le tranchant de nos souffrances, abrègent nos détours, hâtent notre
délivrance : notre retour à la Paix et à l’Innocence, ici et maintenant.
Ó Adelheid Oesch
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